Jeremy Ten, à sa façon

Clic, clic. Clic. Clic… Envoyé.

Et comme ça, en écoutant le bruit de l’océan, en vacances au Mexique avec ses amis du patinage, Jeremy Ten a finalement mis fin à sa carrière de patinage artistique de compétition, informant Patinage Canada par courriel qu’il terminait en beauté sa dernière saison miraculeuse.

Oui, Jeremy a pris sa retraite, après une saison merveilleuse, durant laquelle il a dépassé toutes attentes. Contemplant la retraite un an plus tôt, après avoir raté l’équipe olympique de Sotchi, Jeremy a enfin décidé de prendre une année de plus pour patiner de la manière dont il le souhaitait, avec certains buts : ajouter un quadruple saut à son arsenal, concourir à un Grand Prix (il a concouru à deux de ces événements), participer aux Championnats nationaux devant les bruyants partisans canadiens, s’attaquer à ses programmes et patiner le cœur sur la main. Et, il a réussi.

Mais, la saison s’est tellement bien passée – il a remporté la médaille d’argent aux Championnats canadiens, a concouru à ses deuxièmes Championnats du monde après un hiatus de cinq ans et au Trophée mondial par équipe, un événement auquel il avait toujours voulu prendre part – qu’il a ressenti l’envie de continuer, d’aller plus loin.

« Une partie de moi me disait de juste faire un an de plus, de vraiment m’amuser, de continuer », a déclaré Jeremy. Puis, il a pensé au bien-être de son corps de 26 ans. Et, la raison l’a emporté.

« J’ai pensé à l’état de mon corps », a expliqué Jeremy. « Je savais que ça ne fonctionnerait pas. Essayer d’apprendre un quadruple saut à mon âge, quand vous concourez contre des jeunes qui l’exécutent depuis qu’ils ont 17 ou 18 ans et n’ont pas subi de blessures, c’est dur. »

Jeremy a réussi son quadruple saut à un âge « avancé », au cours de la dernière saison (ce qui avait été retardé en raison de blessures graves durant quelques saisons) et il y est parvenu beaucoup plus facilement que son triple Axel. En fait, c’était un magnifique quadruple saut et il pouvait le faire avec une triple boucle piquée durant l’entraînement. Mais, son exécution dans le cadre d’une compétition était une autre histoire. Pendant la période d’échauffement de six minutes des Championnats nationaux, des Championnats des quatre continents et des Championnats du monde, il a fait de dures chutes sur sa hanche gauche alors qu’il tentait le quadruple saut. Toujours cette hanche gauche.

Le saut était encore nouveau et le moindre détail pouvait le détraquer. Ajoutez à cela un peu d’adrénaline et un pouls accéléré dans le court laps de temps d’une séance d’échauffement et les chutes ont suivi. Pendant l’entraînement du quadruple saut, il n’était jamais tombé comme ça.

« C’est une de ces chutes où vous atterrissez sur le côté sur votre lame et vous ne savez pas où vous êtes, vous tombez et vous claquez votre hanche sur la glace » a-t-il dit. « À mesure que la saison avançait, ma hanche me dérangeait de plus en plus. »

Après une dure chute durant l’échauffement pour le programme long aux Championnats nationaux, l’entraîneure Joanne McLeod a dit à Jeremy : « Nous sommes allés aux Internationaux classiques d’automne sans quadruple saut et tu as excellé. Je ne pense pas que tu devrais le faire ici. »

Mais, Jeremy s’était entraîné pendant toute la saison pour réussir ce quadruple saut et voulait s’en tenir à son plan. Il a fait une chute à l’exécution de ce saut durant le programme long. Pourtant, sa performance a été un triomphe. Lorsque ses notes sont apparues, il a vu qu’il était deuxième dans le programme libre, puis qu’il était premier au classement général (avant que Nam Nguyen ne patine). « J’ai pensé que j’avais mal compris », a-t-il ajouté. « Puis, j’ai vu l’écran et ensuite j’ai juste tout laissé tomber. Je pense que j’ai jeté ma bouteille d’eau à un moment donné. » Joanne a éclaté en sanglots dans sa poitrine. « Je pensais que j’allais avoir une crise cardiaque », a-t-elle avoué. Sa réaction à l’exploit de Jeremy a compté au nombre des meilleurs moments de l’événement.

La meilleure tentative de réception du quadruple saut de Jeremy s’est produite au Trophée NHK, au Japon. Aux Championnats du monde et aux Championnats des quatre continents, les chutes durant l’échauffement à l’exécution du quadruple saut l’ont plus dérangé. Et, il a commencé à ressentir l’impact sur son corps. « Je veux être capable de marcher dans un proche avenir », dit-il. « Je ne veux pas me faire opérer de la hanche avant l’âge de 30 ans. »

Et, les chutes l’ont secoué un peu, surtout aux Championnats du monde, parce que c’était un événement d’une telle importance. Il a omis le quadruple saut pour le Trophée mondial par équipe, un événement qu’il a affirmé être « la compétition la plus amusante à laquelle j’ai jamais participé. »

Son programme court – sans faute – aux Championnats du monde à Shanghai a été un triomphe. « Pour moi, cette entière saison visait à essayer de donner toute ma mesure et je crois que d’aller aux Championnats du monde et d’exécuter ce programme court m’a permis d’y parvenir », a affirmé Jeremy. « Je sens que j’ai accompli tout ce que je voulais faire. Et, ceci a rendu ma décision plus facile. »

Simplement parce que Jeremy quitte sa carrière de compétition ne signifie pas qu’il sera immobile. Le vendredi 12 juin, Jeremy a reçu de l’Université Simon Fraser son diplôme en sciences de la santé avec mineure en kinésiologie.

Il s’intéresse actuellement à la chorégraphie et espère que sa carrière se dirigera dans cette voie. Il ressent et aime la musique et son point fort était son côté artistique. Jeremy fait également fonction d’entraîneur de temps à autre, offrant des stages, des ateliers et des séminaires. La fin de semaine dernière, il a présenté un séminaire pour l’équipe provinciale de l’Alberta. Il y a quelques semaines, il en a présenté un autre à Canmore, en Alberta, et avant cela, il s’est rendu au Nouveau-Brunswick pour mettre à profit ses connaissances. Il cherche aussi à participer à des spectacles.

« Il est temps de devenir adulte », dit-il. Il quitte maintenant le côté compétitif du sport sans regret. Il se sent heureux et estime que beaucoup d’occasions se présenteront. « J’estime que je quitte le sport parce que c’est mon choix, et non pas parce que je suis poussé à le faire », a-t-il précisé.

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