Jeremy Ten suit la musique pour la saison 2013-2014

Qui d’autre que Jeremy Ten pourrait adéquatement prononcer le nom de la musique de l’un des anciens programmes mémorables de Jeffrey Buttle : Naqoyqats.

Le patineur de Vancouver âgé de 24 ans profère le mot avec autant d’aisance que s’il disait : « spirale de la mort arrière extérieure » ou « pirouette arabesque sautée » ou « pommes de terre en purée avec morceaux d’ail ». La musique est pour Jeremy un chalet au bord de l’eau, son refuge, son endroit favori. Il est toujours connecté à sa musique, l’écoute toujours. La musique suit Jeremy partout. Jeremy suit la musique.

C’est pourquoi il ne devrait y avoir rien de surprenant que Jeremy s’est chargé, dans une large mesure, de la musique qu’il utilisera lorsqu’il concourra aux Championnats nationaux de patinage Canadian Tire, le mois prochain, à Ottawa, s’efforçant de se tailler une place dans l’équipe olympique. En effet, il est très sérieux en ce qui a trait à ce but et assume pleinement la responsabilité pour son cheminement. Trois places sont offertes. La plupart des gens estiment que le triple champion du monde Patrick Chan et le maître du quadruple saut Kevin Reynolds sont assurés des deux premières places. Mais, la ruée concerne cette troisième place et Jeremy souhaite l’obtenir autant que tout autre patineur.

Le programme court de Jeremy? Il a trouvé la musique. Jeremy cherchait des trames sonores rédigées par le compositeur polonais Abel Korzeniowski. Pourquoi pas? Mais, sérieusement, Jeremy savait le titre de la musique utilisée pour un programme court durant la saison 2010-2011, que Jeffrey Buttle avait chorégraphié pour lui. La musique à ce moment? Une partie de la piste sonore du film Un homme au singulier. Ce n’est pas un genre de musique ordinaire pour un programme court. À l’instar de Naqoyqats, c’est introspectif et pas si facile pour un patineur à employer. Il faut la sensibilité d’un patineur comme Jeffrey Buttle pour la musique de Korzeniowski.

Korzeniowski laisse sa marque sur tout ce qu’il écrit. Sa musique est douce-amère, mélancolique, pleine d’émotion et de beauté époustouflante. Il utilise des phrases répétitives et en tire un bon effet. La mélodie est importante pour lui. Musicien classique, il prête attention à chaque note. Il n’est pas le genre à créer un air de base, y ajouter de magnifiques orchestrations et y mettre un point final. Sa musique est minimaliste et mémorable dans sa puissante simplicité.

Voilà donc la direction que Jeremy a prise lorsqu’il a choisi une trame rédigée par Korzeniowski pour le film W.E. réalisé par Madonna, à propos d’une femme qui idéalise ce qu’elle pensait être l’amour parfait entre Wallis Simpson et le roi Édouard VIII, qui a abdiqué le trône britannique pour épouser une divorcée.

« J’ai trouvé cette piste sonore et je ne cessais d’écouter deux morceaux qui étaient fascinants et rendaient vraiment tout ce que je voulais exprimer comme émotions en tant que patineur », a signalé Jeremy. La piste qu’il a choisie? Dance With Me Wallis.

Le programme court donne un sentiment « de grand espoir et de passion », a ajouté Jeremy. « Il est très avant-gardiste et, du même coup, un peu apaisant… ce qui me convient très bien. »

L’entraîneure Joanne McLeod a trouvé la musique pour le programme long de Jeremy lorsqu’elle a examiné le contenu d’un placard et trouvé une pile de vieux CD, dont certains elle avait oubliés, dont Variations d’Andrew Lloyd Webber. Elle a demandé à Jeremy de l’écouter. Il l’a fait en retournant à la maison de la patinoire et en est immédiatement tombé amoureux. Cette musique offre une direction plus dramatique et théâtrale, peut-être même un peu exagérée, complètement différente de celle du programme court. Jeremy affirme que toutes les rétroactions reçues à propos des deux programmes ont été positives.

Les rétroactions sont encore plus agréables du fait que, cette fois-ci, Jeremy n’a pas fait appel à Jeffrey Buttle ou un autre de ses chorégraphes préférés, David Wilson, pour concevoir l’un ou l’autre de ces programmes. Plutôt, Jeremy en a créé une partie, avec l’aide de Joanne McLeod et de son entraîneure de danse, Megan Wing. « Ce fut une expérience unique pour moi de participer davantage à ce que je voulais y intégrer ou ce que je voulais faire », a déclaré Jeremy.

Armé de ces programmes, Jeremy a connu une bonne année, terminant troisième au Trophée Nebelhorn, en septembre, ce qui lui a valu sa première médaille internationale de sa carrière, qui a été interrompue par une blessure. « Mieux vaut tard que jamais », dirait Jeremy.

Il a l’impression d’être le non-favori pour les Championnats canadiens, bien qu’il ait signalé ses intentions en gagnant le programme court à la compétition Défi, au début décembre, à Regina. « Il y a longtemps que je n’ai pas été sur la sellette », a-t-il avoué. Ceci lui a peut-être fait perdre un peu le fil de sa pensée, lorsqu’il a hésité, repris d’anciennes habitudes et terminé quatrième au classement général après le programme long. Mais, ce fut un peu brusque, comme une trempette dans de l’eau froide au moment où il en avait peut-être le plus besoin.

« Il faut passer par là », fait remarquer Jeremy, qui estime qu’il est un meilleur concurrent qu’il ne l’a été dans le passé. Il ne laisse pas les petites choses l’ennuyer autant, dit-il. Il est maintenant maître de son corps et de son esprit.

« Je suis celui qui poursuit et lutte pour cette dernière place en vue des Jeux olympiques », soutient-il. « Je crois avoir tous les outils nécessaires pour devenir membre de l’équipe olympique. J’ai travaillé tellement dur. Je concours beaucoup mieux. Il faut que je reste sûr de moi, que je garde la tête haute et que je ne suranalyse pas. Je vais en tirer le plus possible. »

Beverley Smith

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