Une impressionnante performance à Ottawa vaut à Nam Nguyen une place à Taipei

Cette semaine, un grand nombre des plus grands aspirants à des médailles olympiques ne concourront pas aux Championnats des quatre continents ISU de patinage artistique, étant donné qu’ils ont lieu tellement près de la date des Jeux de Sotchi. Mais, pour l’étoile montante canadienne, Nam Nguyen, l’événement à Taipei représente ses Jeux olympiques.

Nam n’est âgé que de 15 ans et les Championnats des quatre continents constituent sa première importante compétition internationale senior. Il s’agit d’un début grisant à une carrière pleine de promesses.

Nam s’est taillé une place à Taipei grâce à son classement en cinquième place aux Championnats nationaux de patinage Canadian Tire (qui lui permet d’être membre de l’équipe nationale senior). Il a grimpé au cinquième rang en raison d’une quatrième place dans le programme long, devançant les patineurs de longue date Elladj Balde, Jeremy Ten et Andrei Rogozine. À la fin de son programme, il exultait de joie – et il a obtenu une ovation.

« J’ai eu des ovations dans le passé, mais rien en comparaison de celle-ci, parce que j’ai patiné sans faute », a-t-il dit. L’auditoire l’a compris et j’ai pu leur montrer. »

Nam a silencieusement glissé en quatrième place. En vertu du format utilisé à cet événement, les derniers groupes de patineurs de chaque discipline ont patiné tard dans la journée durant un genre de « super-finale », faite pour la télévision. Nam, qui a patiné dans l’avant-dernier groupe, a concouru plus tôt dans la journée, passant plutôt inaperçu. Incroyablement, alors que ses pairs plus âgés ont patiné après Nam, ses notes sont demeurées les meilleures.

Son plus grand exploit a été de réussir un triple Axel au début de son programme. Il s’est senti soulagé, a-t-il avoué. « Puis, j’ai dû me rappeler que j’avais sept autres sauts et trois pirouettes à exécuter. » Vers la fin de son programme, alors qu’il est passé en trombe près de la bande d’extrémité, il a entendu son entraîneur, Brian Orser, lui dire de continuer à poursuivre ses efforts.

Sa meilleure note antérieure pour le style libre (au niveau international) avait été 119,15 points, obtenue aux Championnats du monde juniors ISU de patinage artistique 2013, lorsqu’il s’était classé douzième. Au championnat national, il l’a anéantie, terminant avec 147,46 points, pour une note finale de 218,43 points. (Sa meilleure note totale, enregistrée au Mexique, est 181,04 points). Ses difficultés en début de la saison en ont valu la peine.

Son triple Axel n’avait pas été cohérent de la saison. Il a commencé à les réussir dès sa première compétition à Thornhill, en août. Mais, durant ses événements du Grand Prix junior, le saut a semblé s’évaporer.

Plus tôt dans la saison, à un Grand Prix junior, à Gdansk, en Pologne, il avait terminé seulement seizième. Lorsqu’on lui en parle, sa voix reste prise dans sa gorge, toujours blessé par le souvenir. « Je ne savais pas ce qui se passait », a-t-il avoué. « L’entraînement se déroulait bien, mais les entraînements ne comptent pas. C’est ce qu’on fait durant la compétition même. Je n’ai pu montrer aux juges ce dont j’étais capable. J’ai beaucoup appris en Pologne. »

Son autre événement Grand Prix junior à Mexico lui a permis de se classer en quatrième place, mais il a admis ne pas être complètement prêt pour cet événement. « Les gens autour de moi disaient que l’altitude avait un effet néfaste, mais je ne les ai pas vraiment écoutés », a-t-il dit. Ainsi, je ne me suis pas entraîné autant que j’aurais dû le faire. J’ai appris à mes dépens. Mes jambes étaient mortes. »

Par la suite, il a concouru à Oktoberfest, à Barrie, et bien exécuté le triple Axel qui est devenu plus cohérent par la suite. Et, ainsi, sa confiance s’est accrue. Au Défi Patinage Canada, sa nervosité avait dominé, donc un mois avant les Championnats canadiens, il a intensifié son entraînement. Il accroît ses répétitions.

La saison dernière, Brian Orser a déclaré que Nam se prenait un peu trop au sérieux et devait prendre un peu de recul. « Il est un petit patineur très intense », a fait remarquer Brian. « Il patine bien et il est joyeux, drôle et fait des sottises, entre autres, mais il est extrêmement intense, presque à l’excès. Il doit relaxer un peu, je crois. »

Il devait faire de même que ses compagnons d’entraînement, le double champion européen, Javier Fernandez, et le champion de la finale du Grand Prix, Yuzuru Hanyu. Ils mettent les pieds sur la glace et accomplissent leur tâche de façon détendue, a jouté Brian. « Nous travaillons à cet aspect », affirme-t-il. « En fait, il se surentraîne, ce qu’il faut réduire un peu et déterminer combien de temps il passe sur la glace. Il doit en fait s’entraîner plus hors glace que sur glace, simplement pour trouver l’équilibre. »

Nam l’a dit lui-même l’an dernier, aux championnats nationaux : « Le critère pour moi cette année est de m’amuser », dit-il. « Et, de façon plus importante, je dois susciter l’intérêt de l’auditoire. Ce serait vraiment ennuyeux de patiner seul. C’est beaucoup plus amusant quand les spectateurs patinent avec vous. »

Patiner avec des patineurs comme Javier Fernandez et Yuzuru Hanyu a incité Nam à vouloir aussi faire des quadruples sauts. Ainsi, environ deux semaines avant les Championnats canadiens, il a commencé à essayer le quadruple Salchow, parce que son Salchow est tellement fort. L’an prochain, il pourrait essayer un quadruple Salchow en compétition.

Et, il a aussi grandi. Il ne sait pas de combien, mais c’est visible. « Je l’ai un peu senti », a-t-il fait observer. « Je vais lutter. » De toute évidence, il ne perd pas ses sauts. À Ottawa, Nam a réussi un triple Axel, triple Lutz – triple saut de boucle piquée, triple flip, un triple saut de boucle, un triple Lutz avec carre désignée, un triple Salchow – double saut de boucle piquée, une combinaison triple flip – double saut de boucle piquée – double saut de boucle et un double Axel. Il a aussi exécuté une pirouette de niveau quatre et deux pirouettes de niveau trois.

La compétition aux Championnats des quatre continents sera plus acharnée que Nam ne l’a jamais vue : il se mesurera au médaillé d’argent des Championnats du monde, Denis Ten, du Kazakhstan (record de la saison de 224,80 points), Takahiko Kozuka, du Japon (230,95 points), au champion des Championnats des quatre continents 2010, Adam Rippon (241,24 points), Richard Dornbush (218,57) et au champion du monde junior Joshua Farris, des États-Unis. C’est un grand pas. Concourant contre ce groupe, il a terminé dixième dans le programme court, avec une bonne performance. C’est le premier pas.

Beverley Smith

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