Inspirer les Canadiens à patiner avec le nouveau programme Patinage Plus

Dans une atmosphère ressemblant à un chaos organisé, des bambins portant des casques et chaussés de tout petits patins filent de toutes parts et de tous côtés dans de froides patinoires au Canada. Aucun d’eux ne reste immobile, n’attend son tour pour essayer cette poussée avant, cet arrêt chancelant. Le mouvement est continuel, parmi toute une gamme d’accessoires colorés. De façon plus importante, ces jeunes patineurs semblent s’amuser.

Cette scène démontre bien que la façon dont les Canadiens apprennent à patiner a été révolutionnée. Il s’agit du nouveau visage du programme Patinage Plus, modernisé pour mettre à profit toute la recherche scientifique sur le DLTA, c’est-à-dire le développement à long terme de l’athlète. Le DLTA est un acronyme qui n’est pas utilisé dans la langue de tous les jours, mais qui devient synonyme de sport canadien. Il y a environ une décennie, Sport Canada a demandé à toutes les associations de sport au pays de l’adopter et de l’adapter à leurs programmes de développement. Patinage Canada a observé les autres sports, en a tiré la leçon et a tout récemment emboîté le pas. Le 1er septembre 2014, le nouveau programme Patinage Plus est devenu obligatoire dans tous les 1 200 clubs de patinage au Canada.

Avant le lancement, environ 60 pour cent des clubs avaient déjà mis en œuvre le nouveau programme et environ 3 400 (64 pour cent) des 5 300 entraîneurs au Canada avaient suivi la formation pour l’enseigner. À présent, tous les clubs et les entraîneurs enseignent le curriculum du nouveau programme Patinage Plus. À l’heure actuelle, 125 000 patineurs participent à Patinage Plus, soit la majorité des 173 000 patineurs membres de l’association. De toute évidence, ce programme est au cœur de Patinage Canada.

Des études scientifiques ont montré aux parents, entraîneurs et athlètes le meilleur moment pour l’entraînement d’une certaine habileté. « Il arrive souvent que nous manquions le bateau à certains de ces égards, de sorte que la science nous dit que le meilleur moment pour l’entraînement de la flexibilité se trouve entre les âges de 6 et 10 ans », signale Monica Lockie, présidente du groupe-ressource d’initiation au patinage. « Si nous ne communiquons pas ces renseignements à tous les athlètes, à l’âge de 14 ans vous pourrez toujours perfectionner cette habileté, mais vous ne pourrez atteindre votre pleine mesure comme si vous vous étiez entraînés pendant cette période d’entraînement. »

Le nouveau programme sera un guide crucial pour la sélection de la période d’entraînement concernant l’endurance, la force, la flexibilité et l’acquisition de certaines habiletés. « L’acquisition d’habiletés est un élément important », affirme Monica. « On dit que les années idéales pour l’apprentissage sont celles entre 7 ans et 11 ans et c’est durant cette période que nous devons vraiment établir les voies neuronales des athlètes, qui seront là après la puberté. »

Le nouveau programme Patinage Plus vise à améliorer et renforcer les importantes habiletés de base. Au lieu de simplement introduire une habileté à un niveau, puis s’y en tenir, le patineur travaillera à la même habileté à de nombreux stades. Les entraîneurs ont la chance de présenter l’habileté, de la développer, puis de la perfectionner au cours d’une longue période de temps.

L’une des premières habiletés est une séquence de poussée-glissé. Dans l’ancien système, cette séquence n’était présentée qu’au deuxième stade, puis les patineurs passaient à d’autres habiletés à divers stades. Mais, à présent, la séquence de poussée-glissé fait partie de chaque stade. Les croisés avant, une autre importante habileté un peu plus avancée et plus difficile à apprendre, sont présentés tôt sans de trop grandes attentes, puis aux stades ultérieurs, les attentes s’accroissent. Au sixième stade, ces bambins devraient être des « as » des croisés avant.

À quoi donc ressemble le programme durant l’entraînement? Il semble que le chaos règne sur la glace, ce qui n’est pas une mauvaise chose. En vertu de l’ancien système, les patineurs s’alignaient, restaient immobiles et attendaient leur tour pendant que l’entraîneur travaillait avec eux. Beaucoup de parcelles de glace restaient vides, sans activité. Dans le nouveau système, chaque petit groupe suit son propre parcours, dans divers circuits et stations. Alors que des bambins restaient immobiles, essuyant leurs nez et attendant leur tour dans l’ancien système, maintenant ils se déplacent tous constamment, d’une station à l’autre et d’une habileté à l’autre. « Le nombre de répétitions durant l’entraînement de ces habiletés s’accroît de 400 pour cent sur ce circuit », soutient Monica. Les patineurs ne perdent pas leur concentration. Ils ne demandent plus d’aller aux toilettes.

Les rétroactions des entraîneurs? Certains se méfient du changement, fait remarquer Monica. Mais, un grand nombre de ceux qui sont déjà plongés dans le programme s’émerveillent déjà des rapides progrès des jeunes patineurs. Un jeune est passé au programme Patinage STAR (le programme d’apprentissage du patinage artistique de Patinage Canada) après avoir passé un an seulement dans Patinage Plus, plutôt que deux ou trois ans.

Une fois organisé, le programme se déroule presque automatiquement, étant donné que le comité de Patinage Canada, dirigé par Monica, a minutieusement créé un guide détaillé pour les entraîneurs. Sa plus grande mission, a affirmé Monica, a été de créer un programme qui fonctionnerait n’importe où et pour n’importe qui : du grand club comptant un personnel de 20 entraîneurs à un petit club n’en ayant qu’un seul. Le déroulement du programme devait être homogène pour tous. « Nous avons considérablement réduit le travail de préparation des entraîneurs », a fait remarquer Monica. « Ceci permet d’assurer que notre prestation est davantage normalisée dans tout le pays. » Dans l’ancien système, il appartenait à l’entraîneur d’établir un plan de leçon : excellent pour les entraîneurs comptant 30 ans d’expérience, plus difficile pour les nouveaux.

Ce nouveau programme met l’accent sur l’initiation au patinage, mais ne se concentre pas sur les habiletés de patinage artistique. Il s’agit donc d’un important outil pour les débutants dans tout sport de glace au Canada, comme le hockey, le patinage de vitesse et la ringuette. Durant l’élaboration du programme, Monica s’est entretenue avec des entraîneurs de tous les sports de patinage sur glace pour s’informer des habiletés de base dont ils avaient besoin avant d’amorcer le programme propre à leur sport. Et, elle a consulté des entraîneurs comme Tracy Wilson pour parler de l’essence du patinage et comment, par exemple, permettre au corps de bouger plus librement.

« Nous voulons continuer à offrir le meilleur programme d’initiation au patinage au pays », soutient Monica. Les entraîneurs de Patinage Canada sont les meilleurs à cet égard. Ils sont probablement les entraîneurs les plus techniques de sports de glace qu’il soit. Les entraîneurs de patinage comprennent comment travaille la lame, comment créer de la puissance et des courbes avec la lame et comment la biomécanique du mouvement de poussée-élan fonctionne vraiment. Le succès du programme sera d’inciter tous les Canadiens à patiner, même si ce n’est que par plaisir, pour se tenir en forme et pour se sentir en sécurité sur la glace.

L’ancien système a produit innombrables champions du monde et olympiques, dont Patrick Chan et Tessa Virtue et Scott Moir. Pensez un peu à ce que le nouveau programme pourra accomplir.

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