Ensemble, les patineurs en couple Julianne Séguin et Charlie Bilodeau apprennent des leçons de vie

Après seulement neuf mois ensemble, Julianne Séguin et Charlie Bilodeau ont laissé une impression durable aux Championnats nationaux de patinage Canadian Tire. Ils étaient une équipe dynamique et excitante, qui aspirait aux Championnats du monde (des championnats qui ont vraiment besoin de patineurs en couple!).

Après s’être classés premiers dans le programme court au niveau junior, aux Championnats canadiens en janvier dernier, finalement (après quelques cafouillages dans le programme long) les médaillés d’argent, Julianne et Charlie, étaient prêts à représenter le Canada aux Championnats du monde juniors de patinage artistique, à Sofia, en Bulgarie.

Puis, la vie a changé. Comme l’a roucoulé jadis John Lennon : « La vie est ce qui t’arrive quand tu es occupé à faire d’autres projets ». Ce printemps, Julianne et Charlie ont eu à faire face aux leçons les plus difficiles de toutes.

Ils ont raté les championnats du monde juniors.

Mais, compte tenu de ce qui a suivi, leur incapacité d’y prendre part a été une bonne chose. Difficile à croire, mais vrai.

Ils ont été tenus de se retirer après que Julianne se blesse le bas du dos avant la création de quelques programmes pour des spectacles, deux semaines avant les championnats. C’était grave. Julianne ne pouvait même pas s’incliner vers l’avant. Elle avait exécuté un mouvement dans les airs avec son partenaire, et son dos s’était coincé. « Je crois que l’année a été longue et j’avais besoin d’une pause », a-t-elle signalé. « Je devais arrêter. Mon corps ne me suivait pas. »

Elle s’est reposé le dos et a fait un peu de physiothérapie. Le plus difficile a été d’annoncer à Charlie qu’ils seraient tenus de se retirer des championnats du monde juniors, mais Charlie a été magnifique. Il n’a pas été furieux à cause des chances ratées. « Eh bien, nous devrons juste apprendre quelque chose d’autre », lui a-t-il dit. « Nous devons simplement aller de l’avant. Je ne serai pas fâché contre toi. »

« J’ai pensé « oh, mon Dieu, merci », s’est rappelé Julianne. « J’étais contente. Voilà un partenaire gentil. »

Compte tenu des changements possibles à l’âge minimum pour les événements internationaux juniors, Julianne et Charlie n’auront peut-être aucune autre chance de concourir aux championnats du monde juniors. Julianne n’a que 17 ans, mais Charlie est déjà âgé de 20 ans. Si la limite d’âge baisse à 19 ans, ils devront considérer uniquement les événements seniors. Ceci aurait aussi une incidence sur leur participation au Grand Prix junior.

Peu importe. Il s’agit d’une bonne équipe qui a une bonne relation. « J’aime beaucoup patiner avec lui », a déclaré Julianne. « Nous nous aimons bien l’un l’autre et nous avons une belle amitié. » Elle illustre ceci en entrelaçant ses doigts ensemble. Ils se conviennent et se complètent. Julianne est aussi très sociable. Elle aime les gens et n’est pas difficile.

Mais, ce à quoi ils ont fait face l’a été.
Le grand-père de Charlie est décédé. Puis son père, Robert, est tombé dans un coma diabétique. Charlie s’est précipité pour être à ses côtés, aux soins intensifs, mais il se trouvait dans une ville à une distance de quatre heures de route. Peu à peu, il s’est affaibli et est décédé le 11 avril.

L’équipe n’a pas vu passer les mois de mars et d’avril. Pendant un mois et demi, Charlie a dû s’occuper de choses autres que le patinage, des choses vraiment importantes. « Il aurait raté tout cela s’ils avaient concouru aux championnats du monde juniors », a affirmé l’entraîneure Josée Picard. « Heureusement, nous n’y sommes pas allés. »

L’équipe a annulé tous les spectacles. Les funérailles de Robert Bilodeau ont eu lieu le lundi du camp de développement pour les patineurs en simple, auquel Julianne a participé. Mardi, Charlie est finalement revenu sur la glace et Josée Picard s’est occupée d’organiser toute la musique et les réunions avec les chorégraphes. Au début de mai, Shae Zukiwsky devait concevoir le programme court. La semaine du 12 mai, Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon devaient venir les aider à travailler leur style libre. Ce sera excitant pour ces jeunes patineurs en couple de travailler avec des danseurs sur glace.

Le travail créatif et le branle-bas seront bons pour Charlie, qui soutient qu’il tournera la page. « Commençons une nouvelle vie », a-t-il dit.

« On se demande toujours pourquoi quelque chose arrive pour une raison », a fait remarquer Josée. « La blessure lui a permis d’être aux côtés de son père. »

L’équipe n’a rien fait depuis la blessure. Julianne a perdu environ six semaines d’entraînement. Elle a recommencé à s’entraîner seulement une semaine avant le camp de développement, ignorant si elle passerait tous les tests de conditionnement physique.

À présent, Julianne affirme que sa priorité absolue est de s’assurer que son dos est solide. À titre de patineuse en simple (au niveau senior), elle garde son programme long et Julie Marcotte lui conçoit un nouveau programme court. Tous les sauts de Julianne sont des triples, y compris le triple Lutz. Elle exécute des combinaisons triple saut de boucle piquée – triple saut de boucle piquée et elle travaille un triple flip – triple saut de boucle piquée, nécessaire pour se mesurer aux ambitieuses patineuses canadiennes en simple actuelles.

Julianne et Charlie, incertains des règlements concernant l’âge junior, conçoivent des programmes seniors. Tous ces détails contribueront au rétablissement d’une équipe de patinage en couple tellement prometteuse et qui a tant de connaissances de la vie.

Beverley Smith

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