Huit façons de rendre le patinage plus inclusif pour la communauté LGBTQI2S+
Juin est le mois de la Fierté, une occasion de mettre en valeur et de célébrer la communauté LGBTQI2S+. Patinage Canada a fait et continue à faire un travail substantiel relativement à l’inclusion des personnes LGBTQI2S+, mais nous savons qu’il reste des travaux cruciaux à accomplir en matière d’inclusion, au sujet de la race, l’origine ethnique, l’indigénéité, la religion, la classe, la taille et la capacité, ainsi que leurs chevauchements.
Dans le cadre de ces travaux, Patinage Canada aimerait partager les façons suivantes de rendre le patinage plus inclusif pour la communauté LGBTQI2S+. Nous tenons à remercier le William Bridel, Ph. D., d’avoir rassemblé ces renseignements pour nous et du travail qu’il continue à faire, afin d’éduquer et de fournir des conseils alors que nous nous efforçons de créer un environnement inclusif pour tous.
- Écoutez les membres et les personnes LGBTQI2S+ de votre communauté avec empathie, respect et compassion. Leurs histoires sont des sources valables et importantes d’information et de connaissances!
- Éduquez-vous et éduquez les autres. De nombreuses excellentes ressources offertes fournissent des renseignements généraux et particuliers au sport, en ce qui a trait à l’inclusion des personnes LGBTQI2S+, et se trouvent sur le site Web de Patinage Canada, à https://sc3staging.skatecanada.ca/fr/sport-securitaire/. À titre d’exemple précis, encouragez les entraîneurs et les bénévoles à participer à un webinaire Montrer le chemin de Femmes et sport au Canada ou réservez un atelier pour votre club, votre région ou section (https://womenandsport.ca/fr/accueil/).
- Réfléchissez de façon critique à vos propres idées sur le genre, l’identité de genre et l’expression de genre : est-ce que certains des concepts que vous tenez pour acquis à propos de la féminité et de la masculinité ont un impact sur les gens dans votre vie? Par exemple, en tant qu’officiel, connaissez-vous les règlements révisés sur les costumes dans le sport? Comment appuierez-vous les choix que font les patineurs, les entraîneurs ou leurs parents ou tuteurs?
- Ne faites pas de suppositions au sujet de l’identité des gens ou de leurs relations et ne divulguez jamais l’orientation d’une personne; leur histoire relativement à leur identité de genre ou sexualité est la leur à partager, à moins qu’on ne vous ait donné la permission explicite d’en parler à d’autres.
- Engagez-vous à utiliser un langage et des images qui sont inclusifs. Par exemple, utilisez les pronoms et les noms que choisissent ces personnes. Lors de la rédaction de documents, utilisez par exemple, « on » au lieu de « il/elle » et « athlètes » au lieu de termes sexospécifiques. Vous pouvez utiliser des mots tels que « gens » ou « tout le monde » au lieu de « mesdames et messieurs » et les groupes ne devraient jamais être appelés « les gars ». Si vous devez demander des renseignements sur les parents des athlètes, utilisez l’expression parent/tuteur et prévoyez de l’espace pour y inscrire deux noms ou plus; évitez d’utiliser les termes mère et père, car les familles se présentent sous toute forme!
- Affichez des symboles LGBTQI2S+, tels que l’affiche d’espace positif de Femmes et sport au Canada (https://womenandsport.ca/fr/accueil/) ou des autocollants de Fierté Patinage Canada sur un babillard du club, un site Web, la fenêtre d’un bureau de patinage ou d’une salle d’entraîneur ou sur vous-même (p. ex., tasse à café, bouteille d’eau, sac à patins). Pourquoi ne pas participer aux défilés locaux de la fierté en tant que club ou section? La représentation compte!
- Répondez aux demandes et questions concernant les vestiaires. Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (https://cces.ca/fr) compte des lignes directrices sur les pratiques exemplaires pour le sport. Des recommandations particulières au patinage sont en cours d’élaboration et, une fois mises au point, elles seront diffusées sur le site Web de Patinage Canada.
- Collaborez avec d’autres organismes de votre collectivité pour offrir des occasions d’apprentissage à vos membres (p. ex., PFLAG, organismes de Fierté, organismes de lutte contre l’intimidation, écoles, le programme #UneÉquipe et le projet You Can Play du Comité olympique canadien, etc.).
En général, efforcez-vous de créer un espace inclusif avant d’apprendre que vous devez le faire. Soyez prêt à être brave : élevez-vous contre ce que vous entendez ou lisez dans les médias sociaux qui indique toute LGBTQphobie. Cherchez à créer des espaces sûrs. Un sport accueillant et inclusif est bénéfique lorsque les gens sont libres de poursuivre l’excellence personnelle.
Rédigé pour Patinage Canada par William Bridel, Ph. D. (Faculté de kinésiologie, Université de Calgary)




J’ai commencé à patiner après avoir regardé les Jeux olympiques de 1988 et insisté auprès de ma mère que je voulais faire du « patinage de fantaisie ». Étant des parents qui m’appuyaient et m’encourageaient, ils m’ont inscrite à des cours récréatifs, puis à Patinage Plus, où je suis rapidement tombée en amour avec notre sport.
J’étais en onzième année avant de reconnaître moi-même mon orientation sexuelle et de commencer à la divulguer à d’autres. Après avoir vu d’autres amis être rejetés par leurs mentors adultes, enseignants et entraîneurs, je n’étais pas sure de pouvoir survivre si cela m’arrivait et je ne pouvais pas le risquer avec les miens. Ce qui semble dramatique était probablement, en vérité, en plein dans le mille. J’ai pris la décision de changer d’entraîneur pour obtenir un entraîneur plus jeune et moins expérimenté, afin de ne pas ressentir de réaction négative (ou perçue comme étant négative), d’une façon aussi aiguë. Je voulais éviter toute déception en moi, en tant que personne, de gens dont je ne pouvais pas tolérer de perdre le respect. En fait, et au détriment de mon propre patinage, à la fin de ma carrière personnelle au patinage, je les ai abandonnés avant qu’ils ne puissent m’abandonner. Clairement, je n’avais pas aucune idée de la façon dont ils réagiraient. Je n’avais pas le courage de risquer qu’ils le découvrent. Je me souviens que mon entraîneure cache ses larmes et de penser qu’au moins elle était déçue de moi pour quelque chose que j’avais choisi, plutôt que quelque chose que je ne pouvais pas choisir. Je me souviens de la dernière accolade avec eux et de quitter la patinoire en courant et sanglotant convulsivement – je savais que j’avais fait une énorme erreur, mais je n’étais pas prête à repenser ma décision parce que c’était encore plus facile que l’alternative, qui ne serait probablement jamais arrivée de toute façon. Tous deux ont quitté notre club très soudainement, immédiatement après, exerçant à plein temps leurs fonctions dans l’autre club où ils enseignaient. Ils étaient restés jusqu’à ce que j’obtienne mon diplôme et que je passe à autre chose; j’étais leur « dernière » dans notre club. Quand je les ai quittés, ils sont aussi partis.