Changement d’air : née aux États-Unis, Selena Zhao représente fièrement le Canada

Oui, Selena Zhao a du cran. Au cours de l’été, âgée seulement de 16 ans, elle a posé un geste audacieux, changeant tout dans sa vie, notamment son drapeau.

Née aux États-Unis, où elle a tout d’abord trottiné d’un pas chancelant sur la glace, Selena a fait table rase de son passé et décidé de patiner pour le Canada.

Elle concourra à son deuxième événement du Grand Prix junior de l’ISU pour le Canada, la semaine prochaine, à Dresde, en Allemagne. Son premier événement s’est déroulé à Ljubljana, en Slovénie, où elle a terminé en dixième place, mais le souvenir sera gravé pour toujours dans son esprit.

« J’ai été honorée », a-t-elle dit, de son lieu d’entraînement à Colorado Springs. « L’équipe m’a tellement appuyée et m’a vraiment fait sentir comme si je faisais partie de quelque chose de plus grand. Ceci m’a vraiment motivée à patiner de mon mieux et à rendre l’équipe et la nation fières de moi. »

Ses débuts n’ont pas été faciles. Elle a connu ses premières difficultés de voyage en route vers Ljubljana, alors qu’elle ne pouvait même pas quitter l’aéroport de Colorado Springs. Elle devait se rendre à sa destination avec escales à Chicago et à Bruxelles, en Belgique. Coincée dans l’aéroport pendant neuf heures, en raison d’orages violents à Chicago, Selena a raté toutes ses correspondances et a dû recommencer le lendemain. Son parcours est devenu encore plus compliqué : Denver, Washington, D.C., Vienne et Ljubljana.

Elle est arrivée une heure avant son premier entraînement, souffrant énormément des effets du décalage horaire après avoir réussi à dormir pendant une heure seulement dans l’avion. « La séance d’entraînement a été en fait assez bonne », a-t-elle dit. « Je vais me souvenir de cette expérience pour m’en inspirer à l’avenir. »

(Voilà la valeur des événements du Grand Prix junior.)

Selena est un bon ajout à l’équipe de Patinage Canada, en particulier parce qu’elle est déjà capable d’exécuter des triples sauts. Elle suit la tendance des patineuses du Canada : « Nous avons ce groupe de 17 qui est passé à 12 patineuses, vraiment développées à bien des égards », a signalé Michael Slipchuk, directeur, Haute performance, de Patinage Canada.

« Elle fait tous les triples sauts », a-t-il ajouté. « Elle réussit les combinaisons triple-triple. C’est ce que les femmes juniors font en ce moment. » Le fait qu’elle provienne du groupe de Christy Krall au Colorado facilite aussi les choses; Christy a travaillé avec un certain nombre de patineurs canadiens, dont Patrick Chan, Amélie Lacoste et maintenant Liam Firus. « Elle sait comment fonctionne notre système », a déclaré Michael.

Les parents de Selena sont tous deux nés à Beijing, mais ils ont émigré ensemble au Canada. Son père a été à l’école à Vancouver et a même passé quelque temps à Ottawa, où le frère aîné de Selena, Davis, est né. Elle a un autre frère, aussi né au Canada.

Le père de Selena a finalement obtenu un emploi à Seattle, où Selena est née. Elle est récemment devenue une citoyenne à double nationalité, mais parce qu’elle n’a jamais concouru à l’échelon international, pour les États-Unis, elle n’a pas été tenue de demander de libération. Concourir pour le Canada a toujours été une possibilité à laquelle elle songeait, a‑t‑elle dit. « Étant donné que toute ma famille est canadienne, c’était une position très naturelle pour moi que de représenter le Canada. »

Selena était une patineuse précoce, une fois qu’elle a décidé que c’est ce qu’elle aimait faire, à l’âge de 10 ans. Elle a réussi son premier triple saut quand elle a eu 12 ans, tout en exécutant les autres dans le harnais. Ce premier triple saut « a été vraiment amusant », a-t-elle mentionné. Elle a maîtrisé le dernier de ses triples sauts, le Lutz, un an plus tard.

Mais, Selena est une anomalie. Est-ce que les poussées de croissance n’ont jamais causé d’ennuis pour ses sauts? Pas vraiment. Selena maîtrisait ces sauts PENDANT sa croissance, a-t-elle dit. « Je l’ai déjà constaté », dit-elle. « Mais, pas très souvent. »

Mais, le désir de changer est provenu de moments difficiles. Lorsqu’elle a commencé avec Christy Krall, à l’âge de 14 ½ ans, Selena était capable de faire des choses très athlétiques. « Elle était ce que j’appellerais un bourreau de travail », a dit Christy. « Elle se lançait dans un grand nombre de mauvaises directions. Ceci l’a finalement rattrapée et sa compétitivité en a souffert. Elle est une excellente sauteuse, mais hors glace, il est très difficile de se mettre en position assez rapidement. »

Christy a travaillé à la technique, mais il faut du temps pour changer les vieilles habitudes. L’an dernier, Selena pouvait faire un excellent programme court et un programme long maladroit ou vice versa, car « sa technique n’était pas là où elle devait l’être », a soutenu Christy. Ceci lui a coûté très cher. Selena ne s’est même pas qualifiée pour les championnats américains. « C’était honteux », a déclaré Christy.

Après cette déception et une conversation sincère avec Christy, Selena s’est engagée à changer sa technique. C’était un changement d’esprit monumental. Elles ont passé le printemps entier à corriger ses habiletés techniques. Et, ça fonctionne. Durant cette période, Selena a estimé qu’elle avait besoin d’un changement de rythme dans sa vie pour mentalement tourner la page.

« C’était une question de changement », a déclaré Christy. « Je vais changer ma technique. Je vais changer où je vais. Je vais changer ma vision de moi-même… elle s’est sentie coincée… Toute la famille est heureuse d’être de retour dans le giron du Canada. »

Pendant qu’elle s’entraînait avec Christy à Colorado Springs, Selena a rencontré Amélie Lacoste, qui était aussi venue pour changer sa carrière et essayer de la relancer avant les Jeux olympiques de Sotchi. Selena a partagé un vestiaire avec elle et les deux patineuses se sont liées d’amitié.

« C’était très inspirant de la regarder s’entraîner– elle et Liam [Firus] ensemble », a dit Selena. « Elle a travaillé d’arrache-pied à la patinoire. Ce qui me plaisait vraiment à son sujet, c’est qu’elle n’était pas trop bonne pour personne. Elle a parlé à chacun d’entre nous. Quand l’un de nous avait besoin d’encouragement, elle était toujours là. »

Quand Selena a parlé à Amélie de patiner pour le Canada, Amélie était très excitée et « tout à fait d’accord », a fait observer Selena.

Selena a également rencontré Annie Barabé, l’entraîneure de Montréal qui a emmené certains étudiants à Colorado Springs pour travailler avec Christy. « Elle était vraiment gentille et j’ai travaillé un peu avec elle », a déclaré Selena. La prochaine chose que vous savez, Selena travaillait au centre d’entraînement d’Annie à Contrecœur, concourait aux championnats d’été du Québec et établissait une relation avec elle. Elle a aimé l’atmosphère d’entraînement à Contrecœur.

La nouvelle aventure de Selena est excitante. Christy a signalé que Selena avait tout simplement décidé de changer pour voir si elle était capable d’exceller. « Elle voulait explorer pour prendre des risques », a déclaré Christy. « Et, le résultat est qu’elle se sent très à l’aise. »

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