Les clubs de Patinage Canada montrent leur talent de patinage grâce au programme Mini Blades

Georgi Reidl, une patineuse artistique âgée de 12 ans, peut exécuter une superbe spirale et étirer ses jambes de façon interminable. Austin Martell, joueur de hockey intrépide de 12 ans, porte une tuque rayée, un cadeau de Noël qu’il semble toujours avoir sur la tête. Et, il ne recule devant rien.

Ensemble, ces athlètes de la petite ville de Stayner, Ont., sont les champions Mini Blades du Canada. Ils font partie de la montée d’un mouvement clandestin dans les clubs de patinage canadiens qui a copié, soit dit un peu en plaisantant, le format de l’émission télévisée Battle of the Blades, qui consiste à jumeler des joueurs de hockey et des patineuses artistiques, le hockey et le patinage étant les deux principales passions d’hiver du Canada.

« Nous cherchons toujours de nouvelles façons de recueillir des fonds et de maintenir les cotisations au minimum », a affirmé la présidente du Club de patinage de Stayner, Heather Trott. « L’un de nos clubs avoisinants a organisé un tel programme et il a remporté un franc succès, donc nous avons pensé l’essayer. »

Ces quelques dernières saisons, Sandra Bezic, responsable en chef de l’émission Battle of the Blades, a pris connaissance de ce phénomène. Elle pouvait voir, grâce à ses alertes de Google, que de nombreuses collectivités au pays organisaient leur propre version de l’émission afin de recueillir des fonds. Sur YouTube, elle a vu des patineurs de tous genres et de tout âge, même des entraîneurs de hockey et de patinage artistique, se mettre de la partie.

« Nous avons été ravis d’en prendre connaissance », a signalé Sandra. L’émission de télévision a amorcé un projet pilote de mini-lames, axé sur les patineurs âgés de 3 ans à 13 ans et, avec l’aide de Patinage Canada, sept clubs au pays ont été abordés pour relever le défi.

Cinq fois championne de patinage en couple des Championnats canadiens, Sandra Bezic est une chorégraphe de renommée mondiale et membre du Temple de la renommée de Patinage Canada.

Mathieu Dandenault, trois fois champion de la Coupe Stanley qui a patiné avec Marie France Dubreuil à l’émission Battle of the Blades, a été touché par le programme Mini Blade. « Je crois que c’est vraiment bien et du fait que nous supprimons en quelque sorte les obstacles, à propos des gros joueurs machos de hockey et les parents de hockey, surtout, pour qu’ils soient ouverts », a-t-il dit. « J’ai tellement plus de respect pour les patineurs artistiques et surtout les hommes. Ils sont de meilleurs patineurs. Ils sont plus forts dans presque tous les éléments. Donc, si les joueurs de la LNH le font, les enfants le peuvent aussi et c’est là l’important message. Le patinage, c’est pour tous et personne ne rira de vous parce que ces patineurs artistiques sont de meilleurs patineurs que nous. »

Le Club Stayner, l’un des clubs choisis, a été tenu de se mettre au boulot immédiatement. Il avait déjà mis en œuvre un programme de mini-lames pendant trois saisons. Chaque année, le Père Noël était l’un des juges parce que l’événement avait toujours lieu une semaine ou deux avant Noël. L’intérêt envers le spectacle s’est accru au point où il est devenu la deuxième plus grande activité de collecte de fonds du club, après le carnaval à la fin mars.

Et, cette année, le spectacle du Club Stayner a attiré plus de joueurs de hockey que le nombre de patineuses que comptait le club. « Je pense que c’est quelque chose de différent, qui les amuse beaucoup », a affirmé Heather Trott. Mais, le Club Stayner n’allait pas obtenir de temps de glace avant le 16 octobre et son spectacle de Mini Blades devait avoir lieu le 30 octobre. On a décidé de se débarrasser du Père Noël et de plutôt avoir recours à un conseiller municipal, un joueur de hockey et un représentant de patinage artistique pour qu’ils offrent leur expertise comme jury.

Le club a fait une présentation au conseil municipal, afin de lui demander du temps de glace gratuit pour décorer la patinoire en vue du spectacle du 30 octobre. Compte tenu du fait que la location coûte 130 $ l’heure, c’était un cadeau de 900 $. Deux fois par semaine, les Minis patinaient avant l’école pour s’entraîner, à compter de 7 h, et de nouveau durant un après-midi une autre journée. Le spectacle du 30 octobre a permis au club de recueillir au moins 2 000 $, environ 500 $ de plus que d’habitude. Les estrades (maximum de 500 personnes) se sont remplies. Le spectacle a suscité l’enthousiasme dans la ville.

Dans l’intervalle, Georgi Reidl et Austin Martell ont fait équipe pour former un formidable duo. Ils avaient été meilleurs amis depuis la maternelle. « J’avais besoin d’un partenaire et il voulait se montrer meilleur que son frère », a soutenu Georgi. « C’était une bonne combinaison. »

Le frère aîné d’Austin, Cody, avait participé au spectacle l’an dernier, de même que la sœur aînée de Georgi, Kirsten.

Mais, ce n’était pas chose facile de passer de concept à champion. « Lorsqu’ils sont allés sur la glace ensemble, ils étaient horribles », a signalé Raylene Martell, mère du joueur de hockey. « J’ai pensé, mon Dieu, les choses n’iront pas bien ». L’équipe ne se soudait pas. Je me suis dit : « Qu’avons-nous fait? »

« Il patinait tout à fait comme un joueur de hockey et elle patinait tout à fait comme une patineuse artistique », a ajouté Dorothy-Jo Reidl, mère de Georgie. « Nous devions assurer la cohésion. »

Les mères ont fait fonction de chorégraphes, tirant des éléments de l’émission de télévision qu’elles croyaient que leurs enfants pourraient accomplir.

« J’ai exécuté un mohawk », a signalé Austin. « J’ignore les noms des autres éléments. »

Georgi a été extrêmement ravie de combler les lacunes. « Nous avons fait des spirales et un saut de valse », a-t-elle ajouté.

La tuque d’Austin a été mise en question. Georgie et sa mère étaient d’avis qu’il ne devrait pas la porter. Puis, en passant un jour, l’entraîneur de Georgie a dit : « Beau chapeau. Tu vas le porter, oui? »

Austen a pu garder son chapeau. « On ne peut pas dire non à son entraîneur de patinage », a concédé Georgi.

Austen a refusé de porter des patins avec des dents de pointe. Ce n’était pas négociable. L’année prochaine, ils auront trois mois pour se préparer et Georgi maintient que l’an prochain, ils changeront de patins. Facile à dire pour elle : elle a déjà joué au hockey.

Et, qui mieux est, d’entières collectivités se sont intéressées au miracle de Mini Blade. Tout le monde a fait part de son opinion dans le vote national. Les Martell habitent à Dundalk, une ville située à environ une demi-heure de voiture, et ils sont originaires du Cap-Breton, de sorte que les Néo-Écossais ont aussi participé au vote. Chaque enfant des deux écoles de Dundalk a voté. Les directeurs d’école s’en sont assurés. L’école d’Austen a tenu une « assemblée d’urgence » pour montrer les vidéoclips des performances de l’équipe et les féliciter de leur victoire.

Pour terminer, les gagnants éventuels de Battle of the Blades, Amanda Evora et Scott Thornton (originaire de Collingwood, Ont., qui est tout près) sont apparus au spectacle du 30 octobre à Stayner. Scott Thornton – qu’Austen admire – a déclaré qu’il était ravi que les patineurs sortent de leur zone de confort et tentent de nouvelles choses. « C’est vraiment une question d’avoir du plaisir », a-t-il dit.

Beverley Smith

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