Les préparatifs de septembre : la clé d’une saison couronnée de succès

Il ne fait aucun doute qu’il y a un peu d’effervescence dans l’air alors que les officiels s’assoient dans de froides patinoires, avec leurs mitaines et leurs foulards, et regardent les membres de l’équipe nationale du Canada s’élancer sur la glace, au début de septembre, au camp de haute performance.

MISSISSAUGA, Ont. – Il ne fait aucun doute qu’il y a un peu d’effervescence dans l’air alors que les officiels s’assoient dans de froides patinoires, avec leurs mitaines et leurs foulards, et regardent les membres de l’équipe nationale du Canada s’élancer sur la glace, au début de septembre, au camp de haute performance.

Mais, ce n’est pas seulement un camp d’entraînement. C’est une expérience de simulation de compétition. Quand les camps ont commencé en 2006, Michael Slipchuk faisait fonction de spécialiste technique et il en a vu de toutes les sortes : certains patineurs exécutaient leurs programmes entiers, tandis que d’autres n’effectuaient que des programmes partiels. Quelques-uns étaient blessés et beaucoup n’avaient pas encore leurs costumes. « Ce n’était pas très efficace, à mon avis », a signalé Michael.

L’année suivante, lorsqu’il est devenu directeur de Haute performance de Patinage Canada et a rencontré « l’équipe », ils ont commencé à discuter de ce que Patinage Canada voulait tirer de ces camps. En fin de compte, à la suite d’un entretien avec les entraîneurs et les athlètes, on a déterminé que Patinage Canada voulait changer le but de l’événement pour en faire une simulation et « vraiment élever le niveau de ce qu’est ce camp pour les préparatifs », a ajouté Michael. Patinage Canada a organisé un tel camp au Pacific Coliseum, à Vancouver, durant la période menant aux Jeux olympiques d’hiver de 2010, à Vancouver, ce qui a parfaitement convenu.

Rempli d’activités, le camp de trois jours (le camp américain dure sept jours) est pris très au sérieux. « Si les patineurs ne sont pas prêts, quelle que soit la raison, ils n’y participent pas », a fait remarquer Michael. « On s’attend à ce que les patineurs soient préparés et prêts. Pour un grand nombre de patineurs, il s’agit de leur première chance de la saison de se produire devant des juges. »

L’horaire est complexe et organisé. Patinage Canada invite ses meilleurs officiels de l’ISU et son personnel technique, non seulement du Canada, mais d’autres pays dans le monde à prendre l’avion pour se rendre au camp. À cet événement, à Mississauga – au cours d’une saison qui représente une importante période de préparation en vue des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi – Patinage Canada a invité Simon Briggs, de Grande-Bretagne, qui a servi de spécialiste technique pour l’événement de patinage en couple aux Jeux olympiques de Vancouver. « Nous voulons avoir les meilleures personnes possibles qui fassent des rétroactions aux athlètes de sorte que lorsqu’ils prendront part à leur premier événement – qui, pour certains, aura lieu la semaine prochaine – ils seront prêts et, du moins, ne seront pas pris au dépourvu en raison d’exigences techniques quelconques », a affirmé Michael.

Les patineurs exécutent les programmes courts une journée, les programmes longs la suivante, devant des juges et des spécialistes ou des contrôleurs techniques ou n’importe quel gourou de la discipline qui peut placer la barre plus haut. Ces experts s’assoient et griffonnent (avec leurs stylos), causent et discutent et se tapent le genou pour vérifier le synchronisme. Les performances des patineurs sont enregistrées sur bande vidéo. Puis vient la partie difficile alors que les officiels se rendent près de la bande et trouvent à redire sur chaque petit détail, aspect technique et chorégraphie. « Ils surveillent les niveaux et examinent les moindres détails », a mentionné la danseuse Alexandra Paul qui, avec son partenaire Mitchell Islam, luttera pour se tailler l’une des trois places en danse sur glace aux Jeux de Sotchi. « Ils regardent divers aspects de votre programme, comme l’évolution, et des choses aussi précises que le synchronisme. C’est vraiment important. »

Michael signale que l’évolution des programmes, remplis d’importants détails, dans le but d’accumuler le plus grand nombre de points possibles, prend du temps. Et il faut beaucoup de temps pour les maîtriser. « Le rétroactions obtenues en cours de route facilitent l’intégration de changements et la poursuite de l’amélioration, plutôt que d’essayer d’apporter de nombreuses modifications plus tard dans la saison », a-t-il fait observer.

« Voilà de quoi il s’agit », fait remarquer Mitchell Islam. « C’est au sujet de la perfection. Vous avez répété vos programmes pendant quelque temps et c’est le temps de passer à la prochaine étape, de les perfectionner et de les préparer pour les compétitions internationales. »

Alexandra et Mitchell se sentent plus prêts qu’ils ne l’ont jamais été à ce stade de la saison et ils doivent l’être : ils concourront au Trophée Nebelhorn, du 25 au 28 septembre, à Obertsdorf, en Allemagne. Il en va de même pour Tessa Virtue et Scott Moir, qui ont déjà présenté leurs programmes à une compétition provinciale au Québec, mais ils comptent aussi participer au Trophée Finlandia, à Espoo, en Finlande, du 5 au 7 octobre. Le Canada n’est pas la seule nation dont les patineurs concourent tôt pour se préparer : les champions du monde de patinage en couple, Tatiana Volosozhar et Maxim Trankov, de Russie doivent prendre part au Trophée Nebelhorn et un ancien médaillé de bronze des Championnats du monde, Yuzuru Hanyu, du Japon, participera au Trophée Finlandia, ainsi qu’Elizaveta Tuktamysheva, de Russie, Mirai Nagasu, des États-Unis, les médaillés de bronze en titre des Championnats du monde, Ekaterina Bobrova et Dmitri Sokolov, de Russie, et les étoiles montantes Madison Chock et Evan Bates, des États-Unis. 

D’après Michael Slipchuk, en ce qui concerne les patineurs canadiens, surtout durant une année olympique, on prévoit qu’en décembre, tous les préparatifs seront faits et ils se sentiront prêts. « Une fois en janvier, il ne reste plus que les Championnats canadiens et les Jeux. Aucune autre occasion ne s’offre de concourir davantage. Il faut donc maximiser toute occasion à ce moment de l’année de présenter les programmes et de se mettre dans une ambiance de compétition. »

Le camp est le coup d’envoi de la saison pour les patineurs, a déclaré Louis Stong, un consultant en développement du patinage de Patinage Canada. « S’ils ont de bons résultats, leur confiance s’en trouve accrue. Sinon, c’est un coup de pied au derrière. »

Une énorme mêlée de presse a eu lieu la première journée du camp, suivie d’un sommet médiatique la troisième journée avec quelques-uns des principaux médias, semblable à celle faite par le Comité olympique canadien. Ceci vaut son pesant d’or, a ajouté Louis Stong, pour préparer les patineurs en vue de l’immense intérêt qu’ils susciteront cette saison. Deux membres du réseau olympique officiel russe se sont aussi présentés à Mississauga. Ils auraient aimé assister au camp russe, mais les médias n’étaient pas permis.

Et aussi, de façon importante, le camp est une occasion de promotion du travail d’équipe. « La plupart des patineurs se trouvent quelque part dans le monde, patinant seuls et il peut s’agir d’une existence solitaire », a déclaré Sally Rehorick, qui était chef de mission aux Jeux olympiques d’hiver 2002 et a cinq fois fait fonction de juge. « C’est plaisant de les voir se réunir. » Mitchell Islam a affirmé qu’il était motivant d’être au nombre des talents rassemblés de partout au pays. « C’est excellent pour accroître la confiance », a-t-il ajouté. « On obtient d’excellentes rétroactions des juges et des officiels et on sent que Patinage Canada appuie tout le monde. »

Sally Rehorick soutient que les patineurs sont « comme des éponges », avides d’obtenir les meilleurs conseils possibles. Les officiels ne ferment pas les yeux sur quoi que ce soit. « Rien n’est parfait à ce moment de l’année », affirme-t-elle. « Et ils veulent savoir exactement où devrait se trouver la tête, où devrait se placer le pied. Ils visent haut et nous visons haut avec eux, et tout le monde croit que tout doit être excellent. »

Le camp est aussi bon pour les officiels, ajoute Sally. Durant les compétitions, les juges et les officiels n’ont pas beaucoup de temps pour discuter des questions plus générales pendant qu’ils travaillent d’arrache-pied. Le camp assure que les juges du Canada sont cohérents en ce qui concerne l’interprétation des règles. L’événement a une incidence partout au pays.

Pour les patineurs de l’équipe nationale, les détails qu’ils apprennent au camp peuvent les aider à atteindre le podium aux Jeux olympiques ou seulement les mener à l’équipe olympique ou des Championnats du monde.

Et Michael Slipchuk aime ce qu’il voit jusqu’à présent. En juillet et en août, il s’est déplacé pour examiner les programmes. Il constate déjà des améliorations. « C’est bien de voir que physiquement, tout le monde est en forme et les programmes ont beaucoup d’énergie », a-t-il fait remarquer. « Les programmes se trouvent au niveau où on aimerait les voir à cette période de l’année. »

Beverley Smith

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